Les premiers habitants de l'Afrique du Sud furent les populations de chasseurs-cueilleurs et éleveurs, qu'on regroupe souvent sous le nom de Bushmen (Bochimans) ou Hottentots. La migration des peuples de langues bantoues atteignit le Transvaal au début de l'ère chrétienne et se poursuivit vers le sud le long de la côte orientale. La découverte puis la colonisation de cette région par les européens ouvrirent l'ère d'une difficile cohabitation.
En effet, en 1487, le portugaise Dias atteignir le cap de Bonne-Espérance. En 1652, les Hollandais établirent le premier comptoir européen en Afrique du Sud, à Table Bay , pour servir d'escale aux navires de la Compagnie des Indes orientales. Des fermiers hollandais, appelés Boers (signifiant «paysans» en néerlandais) rejoignirent les employés de la Compagnie hollandaise des Indes orientales. La colonie hollandaise se développa rapidement, car les Boers ( ou Afrikaners, parlant Afrikaans) cultivèrent les terres avec succès.
La révocation de l'édit de Nantes en 1685 provoqua également une émigration de huguenots français. Leur occupation des terres provoqua de violents affrontements avec les Hottentots, qui furent souvent réduits en esclavage. Dès la fin du XVIIe siècle, la colonie hollandaise du Cap fit appel à des esclaves venus du golfe de Guinée, de Madagascar, d’Angola et de Java. Le métissage semble avoir été une pratique courante entre Blancs et Africains, tandis que la ségrégation raciale n'était pas encore répandue.
Au cours des années 1770, les colons européens, qui avaient toujours besoin de nouvelles terres, se heurtèrent aux Bantous. De 1779 à 1780, une première guerre entre les Trekboers, des Boers migrant vers l’intérieur du pays, et les cafres (les Bantous) eut lieu (Les guerres cafres ne prirent fin qu’à la fin du XIXe siècle avec la défaite des Zoulous bantous, car ceux-ci se firent la guerre entre eux.)
À la fin du XVIIIe siècle, des missionnaires britanniques s'installèrent au Cap et travaillèrent à l'évangélisation des peuples bantous. Cependant les Boers se méfiaient des Britanniques. En effet, lors du traité de Paris de 1814, la Grande-Bretagne acquit officiellement la colonie du Cap. Dès lors des milliers de colons anglais débarquèrent. En 1822, l’anglais devint la langue officielle, ce qui suscita la colère des Boers qui se réfugièrent dans leur particularisme linguistique: l'afrikaans. Les différences culturelles et linguistiques, ainsi que la concurrence en matière de contrôle des terres opposèrent Boers et Anglais. D’autre part, la Grande-Bretagne abolit l’esclavage en 1833, ce qui provoqua encore la colère des Boers eux-mêmes possesseurs d’esclaves. Afin d'échapper aux Britanniques, ils se déplacèrent vers le nord, au-delà du fleuve Orange. Cette longue migration fut appelée le «Grand Trek». Mais les Boers se heurtèrent ensuite aux Zoulous : Il s'ensuivit des guerres continuelles, qui s’achevèrent en décembre 1838 par la défaite des Zoulous. Les Boers fondèrent alors la république du Natal.
Toutefois, les Britanniques, refusant qu’ils aient accès à la mer, s'empressèrent de leur enlever cette possession maritime trop stratégique, et le Natal fut rapidement annexé par les Britanniques. Les Boers retournèrent à l'intérieur des terres et fondèrent deux nouvelles républiques: la république du Transvaal et l'État libre d'Orange .
La découverte de gisements de diamants dans le Transvaal en 1867 relança cependant l’expansionnisme anglais. De plus, les Zoulous en révolte devinrent un danger. Les Anglais profitèrent de cette révolte pour annexer la république du Transvaal, qui se résigna. les Boers tentèrent de reconquérir leur indépendance en 1880, et la première guerre anglo-boer s’acheva par la défaite des Britanniques en 1881. Deux ans plus tard, Paul Kruger fut élu président de la république boer indépendante du Transvaal.
La découverte en 1886 de vastes gisements aurifères dans le sud du Transvaal coïncida avec l’occupation de l’Afrique du Sud-Ouest (l'actuelle Namibie) par les Allemands. L’exploitation de l’or étant financée par les Britanniques, des milliers de mineurs britanniques, appelés uitlanders, vinrent s’installer au Transvaal.
Kruger refusa d’attribuer l’égalité des droits aux uitlanders et imposa de lourdes taxes aux sociétés étrangères (britanniques et allemandes).
En réaction, les Britanniques tentèrent en 1895 sans succès une nouvelle expédition militaire contre la république du Transvaal, et les relations entre la colonie britannique du Cap et les républiques boers se dégradèrent davantage. En octobre 1899, le président Kruger déclara la guerre aux Britanniques qui ouvrirent des camps de «concentration» où ils enfermèrent les femmes et les enfants boers dans des conditions terribles. Mais la guerre des Boers se prolongea jusqu’en mai 1902, alors que le Royaume-Uni, après avoir mis des forces énormes dans la guerre, conquit les deux républiques boers qui durent s'avouer vaincues.
Par le traité de Vereeniging, signé le 31 mai 1902, le Transvaal et l’État libre d’Orange devinrent des colonies britanniques. En compensation, le gouvernement britannique accorda aux Boers un gouvernement autonome, autorisait l’usage de l’afrikaans dans les écoles et les cours de justice, et versait trois millions de livres pour la reconstruction du pays.
Dès lors, les Britanniques se trouvèrent à contrôler un grand nombre de colonies: Le Cap, le Natal, le Transvaal, l'État libre d'Orange, le Griqualand, la Nouvelle République («the New Republic»), le Stellaland et le Zoulouland, ainsi que le Bechuanaland au nord.
En 1910, la Grande-Bretagne créa l'Union sud-africaine qui rassemblait toutes les anciennes colonies britanniques et les anciens États boers. C'est à partir de cette époque que les Boers furent dorénavant appelés Afrikaners et constituèrent un groupe majoritaire parmi les Blancs d’Afrique du Sud.
Dès les premières élections, l’ancien commandant de l’armée boer, Louis Botha, devint premier ministre et chef du Parti sud-africain. À la fondation de l’Union (en 1910), les Noirs et les Métis, bien qu'ils représentaient plus des deux tiers de la population, furent systématiquement écartés de la vie politique. Les nouveaux maîtres du pays ne pouvaient accepter d’associer les Noirs à la gestion du pays. On créa aussitôt les premières «réserves» pour les Noirs, qui occupaient 7 % du territoire, même s'ils représentaient les deux tiers de la population du pays. Peu de temps après, les élites noires créèrent le premier parti bantou qui devint en 1923 le Congrès national africain (l’African National Congress: ANC). Le Parlement blanc, qui avait adopté en 1911 une première loi de ségrégation interdisant aux non-Blancs les emplois spécialisés, adopta en 1913 la Natives Land Act, qui réservait à la minorité blanche 93 % des territoires de l’Union.
Lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale, le premier ministre de l'Union sud-africaine, Louis Botha, engagea le pays aux côtés de la Grande-Bretagne et des Alliés. En 1915, les troupes sud-africaines occupèrent le Sud-Ouest africain allemand, sur lequel l’Union obtint en 1920 un mandat de la Société des Nations. À partir de ce moment, les Afrikaners se démarquèrent des Anglais : l’afrikaans devint la «première langue officielle», l’anglais demeurant la seconde.
Les Britanniques instituèrent et renforcèrent la ségrégation raciale: instauration d'un passeport restreignant la liberté de circulation des Noirs, interdiction des Noirs de résider dans les zones habitées par les Blancs et d'avoir des rapports sexuels hors mariage entre «races» différentes, etc. En 1931, le statut de Westminster accorda à l’Union sud-africaine la pleine souveraineté au sein du Commonwealth.
En 1980, c’est à dire pendant l’apartheid, on évalue à 23 771 970 la population totale de l’Afrique du Sud. La répartition ethnique de cette population est pour le moins complexe :
Les Africains, qualifiés officiellement de Bantous (ils appartiennent effectivement au groupe linguistique Bantou) représentent 67,2% de cette population et se distribuent en différents groupes ethniques, répartis en 4 grandes familles en fonction de leur langue : tout d’abord les Xhosas, les Zoulous, Les Swazis, qui forment la « famille » des Ngunis ( ils représentent 60% des locuteurs), qui vivent surtout dans les régions du Cap Oriental, du Natal, du Zoulouland, du Swaziland et dans les zones urbaines, puis les familles sotho-tswana, venda et tsonga. Le Taux de croissance annuel de la population noire est alors de 2,5%.
Les Métis représentent eux 10, 7% de la population totale. Ce sont les descendants des Bochimans, des Hottentots, des esclaves noirs et des premiers Européens du Cap. La plupart des métis vivent dans la province du Cap. Leur taux de croissance annuel en 1980 est de 2,2%.
Les Asiatiques regroupent 3,34% de la population d’Afrique du Sud en 1980. Ils sont, a part quelques chinois, majoritairement des Indiens descendants des Intouchables de la région de Madras transportés en Afrique à la requête des fermiers britanniques pour y travailler sur leurs plantations de canne à sucre et qui refusèrent le rapatriement à la fin de leur contrat. Regardés comme inassimilables, ils sont redoutés par les blancs à cause de leur situation de premier plan dans les professions libérales et le commerce de gros et de détail. Leur taux de croissance annuel est de 2,4%.
Enfin, les blancs représentent 18, 73% de la population. Ils se divisent en deux groupes selon la langue parlée au foyer : afrikaans, langue dérivée du néerlandais et qui devient dans les années 1920 une des deux langues officielles de l’Union, et anglais. Les Afikaners sont les plus nombreux ( un peu moins de 60% des blancs). Ils ont été longtemps le gros de la population rurale blanche, mais les plus pauvres refluèrent vers les villes ou ils devinrent mineurs, cheminots, ouvriers du bâtiment et des industries naissantes. En 1936, 44% d’entre eux déjà sont urbanisés.
Les anglophones ( environ 40% des blancs) sont en général d’origine britannique. Les premiers arrivèrent lors de la première occupation du Cap par les marins de Sa Majesté, en 1795, puis après la deuxième, en 1806 .
Le taux de croissance annuelle des blancs en 1980 est de 1,7%.
Les extraordinaires ressources minières de l’Afrique du Sud expliquent l’enjeu de son contrôle pour les Blancs : en effet, il apparaît d’après les évaluations de 1978 que ce pays de 1 222 000km2 possède 51% de l’or, 75% du platine, 81%du chrome, 49% du vanadium, 46% du manganèse, 34% de l’alumine et produit 19% des diamants du monde.