Introduction

Introduction
Aujourd'hui, des lois punissent sévèrement la discrimination, assurent à chacun le droit d'être différent. Si la découverte de l'autre et des différentes cultures est de nos jours favorisée, il est bon de se rappeler que la souffrance et la vie de nombreuses personnes ont été nécessaires à la réelle mise en place d'une législation punissant les actes racistes. Nous nous proposons donc, à l'occasion de cette journée mondiale de lutte contre le racisme, de nous souvenir de ceux qui, en Afrique du Sud, ont souffert et lutté contre un de ces régimes fondés sur la discrimination raciale, l'apartheid, en rappelant les conditions dans lequel ce régime est né, les lois racistes instaurées par ses dirigeants, son évolution, ceux qui s'y sont opposé jusqu'à sa chute. c]
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# Posté le samedi 18 mars 2006 13:55

Modifié le lundi 09 juillet 2007 23:42

Pour mieux comprendre la situation

Pour mieux comprendre la situation
Les premiers habitants de l'Afrique du Sud furent les populations de chasseurs-cueilleurs et éleveurs, qu'on regroupe souvent sous le nom de Bushmen (Bochimans) ou Hottentots. La migration des peuples de langues bantoues atteignit le Transvaal au début de l'ère chrétienne et se poursuivit vers le sud le long de la côte orientale. La découverte puis la colonisation de cette région par les européens ouvrirent l'ère d'une difficile cohabitation.
En effet, en 1487, le portugaise Dias atteignir le cap de Bonne-Espérance. En 1652, les Hollandais établirent le premier comptoir européen en Afrique du Sud, à Table Bay , pour servir d'escale aux navires de la Compagnie des Indes orientales. Des fermiers hollandais, appelés Boers (signifiant «paysans» en néerlandais) rejoignirent les employés de la Compagnie hollandaise des Indes orientales. La colonie hollandaise se développa rapidement, car les Boers ( ou Afrikaners, parlant Afrikaans) cultivèrent les terres avec succès.
La révocation de l'édit de Nantes en 1685 provoqua également une émigration de huguenots français. Leur occupation des terres provoqua de violents affrontements avec les Hottentots, qui furent souvent réduits en esclavage. Dès la fin du XVIIe siècle, la colonie hollandaise du Cap fit appel à des esclaves venus du golfe de Guinée, de Madagascar, d’Angola et de Java. Le métissage semble avoir été une pratique courante entre Blancs et Africains, tandis que la ségrégation raciale n'était pas encore répandue.
Au cours des années 1770, les colons européens, qui avaient toujours besoin de nouvelles terres, se heurtèrent aux Bantous. De 1779 à 1780, une première guerre entre les Trekboers, des Boers migrant vers l’intérieur du pays, et les cafres (les Bantous) eut lieu (Les guerres cafres ne prirent fin qu’à la fin du XIXe siècle avec la défaite des Zoulous bantous, car ceux-ci se firent la guerre entre eux.)
À la fin du XVIIIe siècle, des missionnaires britanniques s'installèrent au Cap et travaillèrent à l'évangélisation des peuples bantous. Cependant les Boers se méfiaient des Britanniques. En effet, lors du traité de Paris de 1814, la Grande-Bretagne acquit officiellement la colonie du Cap. Dès lors des milliers de colons anglais débarquèrent. En 1822, l’anglais devint la langue officielle, ce qui suscita la colère des Boers qui se réfugièrent dans leur particularisme linguistique: l'afrikaans. Les différences culturelles et linguistiques, ainsi que la concurrence en matière de contrôle des terres opposèrent Boers et Anglais. D’autre part, la Grande-Bretagne abolit l’esclavage en 1833, ce qui provoqua encore la colère des Boers eux-mêmes possesseurs d’esclaves. Afin d'échapper aux Britanniques, ils se déplacèrent vers le nord, au-delà du fleuve Orange. Cette longue migration fut appelée le «Grand Trek». Mais les Boers se heurtèrent ensuite aux Zoulous : Il s'ensuivit des guerres continuelles, qui s’achevèrent en décembre 1838 par la défaite des Zoulous. Les Boers fondèrent alors la république du Natal.
Toutefois, les Britanniques, refusant qu’ils aient accès à la mer, s'empressèrent de leur enlever cette possession maritime trop stratégique, et le Natal fut rapidement annexé par les Britanniques. Les Boers retournèrent à l'intérieur des terres et fondèrent deux nouvelles républiques: la république du Transvaal et l'État libre d'Orange .
La découverte de gisements de diamants dans le Transvaal en 1867 relança cependant l’expansionnisme anglais. De plus, les Zoulous en révolte devinrent un danger. Les Anglais profitèrent de cette révolte pour annexer la république du Transvaal, qui se résigna. les Boers tentèrent de reconquérir leur indépendance en 1880, et la première guerre anglo-boer s’acheva par la défaite des Britanniques en 1881. Deux ans plus tard, Paul Kruger fut élu président de la république boer indépendante du Transvaal.
La découverte en 1886 de vastes gisements aurifères dans le sud du Transvaal coïncida avec l’occupation de l’Afrique du Sud-Ouest (l'actuelle Namibie) par les Allemands. L’exploitation de l’or étant financée par les Britanniques, des milliers de mineurs britanniques, appelés uitlanders, vinrent s’installer au Transvaal.
Kruger refusa d’attribuer l’égalité des droits aux uitlanders et imposa de lourdes taxes aux sociétés étrangères (britanniques et allemandes).
En réaction, les Britanniques tentèrent en 1895 sans succès une nouvelle expédition militaire contre la république du Transvaal, et les relations entre la colonie britannique du Cap et les républiques boers se dégradèrent davantage. En octobre 1899, le président Kruger déclara la guerre aux Britanniques qui ouvrirent des camps de «concentration» où ils enfermèrent les femmes et les enfants boers dans des conditions terribles. Mais la guerre des Boers se prolongea jusqu’en mai 1902, alors que le Royaume-Uni, après avoir mis des forces énormes dans la guerre, conquit les deux républiques boers qui durent s'avouer vaincues.
Par le traité de Vereeniging, signé le 31 mai 1902, le Transvaal et l’État libre d’Orange devinrent des colonies britanniques. En compensation, le gouvernement britannique accorda aux Boers un gouvernement autonome, autorisait l’usage de l’afrikaans dans les écoles et les cours de justice, et versait trois millions de livres pour la reconstruction du pays.
Dès lors, les Britanniques se trouvèrent à contrôler un grand nombre de colonies: Le Cap, le Natal, le Transvaal, l'État libre d'Orange, le Griqualand, la Nouvelle République («the New Republic»), le Stellaland et le Zoulouland, ainsi que le Bechuanaland au nord.
En 1910, la Grande-Bretagne créa l'Union sud-africaine qui rassemblait toutes les anciennes colonies britanniques et les anciens États boers. C'est à partir de cette époque que les Boers furent dorénavant appelés Afrikaners et constituèrent un groupe majoritaire parmi les Blancs d’Afrique du Sud.
Dès les premières élections, l’ancien commandant de l’armée boer, Louis Botha, devint premier ministre et chef du Parti sud-africain. À la fondation de l’Union (en 1910), les Noirs et les Métis, bien qu'ils représentaient plus des deux tiers de la population, furent systématiquement écartés de la vie politique. Les nouveaux maîtres du pays ne pouvaient accepter d’associer les Noirs à la gestion du pays. On créa aussitôt les premières «réserves» pour les Noirs, qui occupaient 7 % du territoire, même s'ils représentaient les deux tiers de la population du pays. Peu de temps après, les élites noires créèrent le premier parti bantou qui devint en 1923 le Congrès national africain (l’African National Congress: ANC). Le Parlement blanc, qui avait adopté en 1911 une première loi de ségrégation interdisant aux non-Blancs les emplois spécialisés, adopta en 1913 la Natives Land Act, qui réservait à la minorité blanche 93 % des territoires de l’Union.
Lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale, le premier ministre de l'Union sud-africaine, Louis Botha, engagea le pays aux côtés de la Grande-Bretagne et des Alliés. En 1915, les troupes sud-africaines occupèrent le Sud-Ouest africain allemand, sur lequel l’Union obtint en 1920 un mandat de la Société des Nations. À partir de ce moment, les Afrikaners se démarquèrent des Anglais : l’afrikaans devint la «première langue officielle», l’anglais demeurant la seconde.
Les Britanniques instituèrent et renforcèrent la ségrégation raciale: instauration d'un passeport restreignant la liberté de circulation des Noirs, interdiction des Noirs de résider dans les zones habitées par les Blancs et d'avoir des rapports sexuels hors mariage entre «races» différentes, etc. En 1931, le statut de Westminster accorda à l’Union sud-africaine la pleine souveraineté au sein du Commonwealth.

En 1980, c’est à dire pendant l’apartheid, on évalue à 23 771 970 la population totale de l’Afrique du Sud. La répartition ethnique de cette population est pour le moins complexe :
Les Africains, qualifiés officiellement de Bantous (ils appartiennent effectivement au groupe linguistique Bantou) représentent 67,2% de cette population et se distribuent en différents groupes ethniques, répartis en 4 grandes familles en fonction de leur langue : tout d’abord les Xhosas, les Zoulous, Les Swazis, qui forment la « famille » des Ngunis ( ils représentent 60% des locuteurs), qui vivent surtout dans les régions du Cap Oriental, du Natal, du Zoulouland, du Swaziland et dans les zones urbaines, puis les familles sotho-tswana, venda et tsonga. Le Taux de croissance annuel de la population noire est alors de 2,5%.
Les Métis représentent eux 10, 7% de la population totale. Ce sont les descendants des Bochimans, des Hottentots, des esclaves noirs et des premiers Européens du Cap. La plupart des métis vivent dans la province du Cap. Leur taux de croissance annuel en 1980 est de 2,2%.
Les Asiatiques regroupent 3,34% de la population d’Afrique du Sud en 1980. Ils sont, a part quelques chinois, majoritairement des Indiens descendants des Intouchables de la région de Madras transportés en Afrique à la requête des fermiers britanniques pour y travailler sur leurs plantations de canne à sucre et qui refusèrent le rapatriement à la fin de leur contrat. Regardés comme inassimilables, ils sont redoutés par les blancs à cause de leur situation de premier plan dans les professions libérales et le commerce de gros et de détail. Leur taux de croissance annuel est de 2,4%.
Enfin, les blancs représentent 18, 73% de la population. Ils se divisent en deux groupes selon la langue parlée au foyer : afrikaans, langue dérivée du néerlandais et qui devient dans les années 1920 une des deux langues officielles de l’Union, et anglais. Les Afikaners sont les plus nombreux ( un peu moins de 60% des blancs). Ils ont été longtemps le gros de la population rurale blanche, mais les plus pauvres refluèrent vers les villes ou ils devinrent mineurs, cheminots, ouvriers du bâtiment et des industries naissantes. En 1936, 44% d’entre eux déjà sont urbanisés.
Les anglophones ( environ 40% des blancs) sont en général d’origine britannique. Les premiers arrivèrent lors de la première occupation du Cap par les marins de Sa Majesté, en 1795, puis après la deuxième, en 1806 .
Le taux de croissance annuelle des blancs en 1980 est de 1,7%.
Les extraordinaires ressources minières de l’Afrique du Sud expliquent l’enjeu de son contrôle pour les Blancs : en effet, il apparaît d’après les évaluations de 1978 que ce pays de 1 222 000km2 possède 51% de l’or, 75% du platine, 81%du chrome, 49% du vanadium, 46% du manganèse, 34% de l’alumine et produit 19% des diamants du monde.
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# Posté le dimanche 19 mars 2006 08:41

Modifié le dimanche 26 mars 2006 05:09

La mise en place de l'apartheid

La mise en place de l'apartheid
Afin de séduire un électorat anglophone conservateur, Daniel F. Malan, dirigeant du Parti national rénové, élabora un programme fondé sur le concept d'apartheid («développement séparé»). Vainqueur aux élections de 1948, il érigea en système la ségrégation raciale qui prévalait depuis la fondation de l'Union. En effet, Le Land Act de 1913, déjà, limitait à 13 % du pays les régions où les Noirs pouvaient acquérir des terres: les «réserves» définies pour chaque «tribu» ou «nation» constituaient une sorte de fer à cheval sur les périphéries du pays, au nord (Tswana notamment) et surtout à l'est (Zoulou, Xhosa). Il enleva aux Métis du Cap leur droit d'élection. Destiné en réalité à préserver la suprématie blanche, l'apartheid prétendait assurer aux différents groupes ethniques une identité et une existence propres, au sein d'«ensembles nationaux autonomes» (les Homelands), appelés aussi bantoustans.
C'est en 1950 qu'une classification raciale fut instaurée. Elle séparait les Sud-Africains en trois catégories: les Blancs, les Métis et les Noirs. Par la suite, une quatrième catégorie, celle des Indiens, s'y ajouta. Les mariages interraciaux furent interdits et, la même année, la Group Area Act définit des lieux de résidences obligatoires pour chacun des groupes en fonction de la couleur de leur peau, visant notamment à l'élimination des «taches noires» résultant d'achats opérés par les Noirs avant 1913. On entreprit d'expulser des «terres blanches» les «excédents» de population noire, tenanciers et squatters, pour favoriser une modernisation de l'agriculture européenne: entre 1960 et 1983, environ 2'600'000 Noirs furent chassés des zones rurales «blanches» et renvoyés dans les réserves (où le Bantu Self-Government Act de 1959 - en organisant un système d'administration autonome des réserves - préparait l'institution des bantoustans). En 1953, la Separate Amenities Act implante la séparation des lieux publics (plages, écoles, cliniques sanitaires, transports publics, toilettes, etc. Etrangers dans leur propre pays, les Noirs pouvaient de plus en plus difficilement résider dans les villes, où l'on cherchait à réduire au maximum leur nombre: seuls pouvaient y venir ceux qui justifiaient d'un contrat de travail: le pass, passeport intérieur imposé aux Noirs dès 1923, permettait le contrôle des migrations. La ségrégation raciale fut systématisée dans les quartiers, au prix de multiples destructions et expulsions et de la construction de townships pour les populations de couleur.

Après 1954, les successeurs de Daniel F. Malan poussèrent davantage la politique d'apartheid. Les Homelands ou bantoustans, régions autonomes fragmentées en plusieurs parcelles habitées par les Bantous, furent créés, par une série de lois adoptées entre 1959 et 1971. Ils furent affublés du titre d'«États» où les Noirs avaient le droit à leur territoire pour gérer leurs affaires, le droit de pratiquer leur langue et leur culture comme ils l'entendaient. En fait, le système consistait à enfermer les différents groupes bantous derrière des frontières ethniques fondées sur la langue, avec l'espoir que les minuscules pouvoirs accordés aux «gouvernements locaux» des bantoustans suscitent des rivalités politiques. La concession de parcelles de leurs anciens territoires (13 % de la superficie du pays) aux Noirs, dont la croissance démographique ne laissait pas d'inquiéter la minorité blanche, garantit théoriquement l'existence de l'État sud-africain blanc. On s'efforça, sans grand succès, de créer des industries en bordure des bantoustans, mais nombre de travailleurs durent aller travailler dans les villes blanches tout en résidant dans les réserves, au prix de grands déplacements quotidiens. L'opposition au système d'apartheid fut brisée: dès 1950, le Parti communiste, multiracial, était interdit. L'African National Congress (ANC) et le Pan Africanist Congress le furent en 1960 après les manifestations contre le système du pass, qui aboutirent au massacre de Sharpeville. Les leaders de l'ANC, et notamment Nelson Mandela furent condamnés à la prison à vie en 1964. L'Afrique du Sud se détacha du monde extérieur: en 1961, elle quitta le Commonwealth, opposé à l'apartheid, et la république (République sud-africaine) fut proclamée le 31 mai. En juin 1964, le Conseil de sécurité de l'ONU condamnait l'apartheid et ordonnait l'étude de sanctions contre la République.
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# Posté le dimanche 19 mars 2006 08:47

Modifié le mardi 28 mars 2006 11:14

les lois de l'apartheid

les lois de l'apartheid
• Loi sur l'interdiction des mariages mixtes (1949)
• Loi d'immoralité (1950) pénalisant les relations sexuelles entre blanc et non blanc.
• Loi de classification de la population (1950), distinguant les individus selon leur race. Par exemple : les noirs ne pouvaient prendre les mêmes bus que les blancs, ils ne , dont seule l'Afrique du Sud reconnaissait l'indépendance.
• Loi sur les commodités publiques distinctes (1953), ségrégant les toilettes, fontaines et tous les aménagements publics.
• Loi d'éducation Bantoue (1953), concernant le programme scolaire des noirs.
• Retrait du droit de grève aux travaillrs noirs, interdiction de la résistance passive (1953).
• Loi de relocalisation des indigènes (Native resettlement Act de 1954) : permet de déplacer les populations noires vivant en zones déclarées blanches.
• Loi sur le travail et les mines (1956), formalisant la discrimination raciale dans le monde du travail.
• Loi sur la promotion de gouvernements noirs autonomes (1958), créant les bantoustans sous administration des non blancs.
• Loi de citoyenneté des noirs des homelands (1971), retirant la citoyenneté sud-africaine aux noirs issus de communautés ethniques relevant de bantoustans déjà créés.
• Décret sur l'Afrikaans (1974), obligeant toutes les écoles, même noires, à dispenser en afrikaans tous les enseignements de maths, de sciences sociales, d'Histoire et de géographie du niveau secondaire.
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# Posté le dimanche 19 mars 2006 08:54

Modifié le lundi 20 mars 2006 13:44

Nelson Mandela et la lutte contre l'apartheid

Nelson Mandela et la lutte contre l'apartheid
Son enfance et ses études :
Nelson Mandela est né le 18 juillet 1918 en Afrique du Sud. Son père décède lorsqu'il n'a 9 ans. Il quitte alors sa région en compagnie de sa mère afin de se rendre chez son tuteur, un régent du peuple Thembu. Il effectue un cursus scolaire normal puis est admis à l'université de Fort Hare, la seule jusqu'en 1960 accueillant les Noirs, où il étudie le droit. Après plusieurs revendications, il est renvoyé. Il part donc pour Johannesburg, chez un cousin à cause d'un mariage forcé.
Son entrée dans un mouvement politique :
Mandela rejoint l'ANC, « African National Congress », en 1943 à un moment où le mouvement est en crise car le parti est devenu le territoire d'une élite fatiguée et non militante et la création d'une ligue des jeunes de l'ANC est adoptée.
En 1948, le National Parti prend le pouvoir après des élections uniquement réservées aux blancs et plusieurs lois de l'apartheid sont votées. L'ANC accepte donc le programme d'action inspiré par la ligue des jeunes qui préconisait le boycott, les grèves, les désobéissances civiles et la non- coopération.
Ses revendications contre l'apartheid :
En 1951, Mandela devient le président des ligues de jeunesse de l'ANC. Il fait campagne contre les lois discriminatoires. Il est également nommé chef du mouvement de résistance, « la campagne de défi », que l'ANC mène en 1951-52 en protestation contre les lois racistes du gouvernement pro- apartheid. C'est un immense succès puisque l'ANC atteint 100 000 membres. A la suite de cette action, Mandela est condamné à une peine de prison avec sursis et est interdit d'assister à des rassemblements publics pendant six mois. Durant cette période, il obtient son diplôme d'avocat. Dans les années 50, Mandela se bat contre le « Bantu Education Art », l'instauration des pass laws( tout sud africain noir devait à partir de 1953 avoir un pass pour justifier son déplacement), la politique naissante des Bantoutans(qui consistait à regrouper la population noire dans des aires d'habitation spécifiques). A la suite du massacre de Sharpeville en 1960, à cause de manifestations pacifiques organisées contre l'existence des pass, l'ANC est interdit. Mandela défend la création d'une branche militaire au sein de l'ANC car la résistance non-violente n'est plus tenable. Cela aboutit donc à la création d'Umkhonto we Sizwe ou MK, « le fer de lance de la nation », qui va devenir une branche armée de l'ANC. En mai 1961, Mandela organise une grève générale, mais le gouvernement réagit et effectue une mobilisation militaire gigantesque. Mandela est dès lors recherché par les autorités. Il voyage donc à travers l'Afrique pour chercher des dirigeants africains favorable à l'anti- apartheid et en expliquant ce qu'était l'ANC .A son retour en Afrique, en 1962, il est condamné à 5 ans de travaux forcés pour
quitté l
pays illégalement et avoir incité les ouvriers noirs à entrer en grève. En 1963,
plusieurs dirigeants de l'ANC sont arrêtés à la suite de la découverte par la police de documents
rapport avec l'existence de l'Umkhonto we Sizwe. Mandela fait alors un discours mémorable pendant 4 heures où il s'explique sur son engagement dans l'ANC et qui est connu maintenant sous le nom de procès de Rivonia. Il termine son discours
cette phrase : « Au cours de ma vie, je me suis entièrement consacré à la lutte du peuple africain. J'ai lutté contre la domination blanche et j'ai lutté contre la domination noire. Mon idéal le plus cher a été celui d'une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie et avec des chances égales. J'espère vivre assez longtemps pour l'atteindre. Mais si cela est nécessaire, un idéal pour lequel je suis prêt à mourir". Le 12 juin 1964, Nelson Mandela est condamné à la prison à perpétuité. Il refuse deux fois la libération : la première en 1972 et la seconde en 1980 à condition que l'ANC renonce à la lutte armée. Mandela devient le plus
et le plus célèbre prisonnier politique du monde et même s'il ést en prison la résistance contre l'apartheid bat son plein à l'intérieur du pays. La fin de la guerre froide et la chute du mur de Berlin achèvent d'isoler le régime. Le gouvernement de Klerk décide alors de libérer Mandela .
La libération de Nelson Mandela :
Le 11 février 1990, Nelson Mandela est libéré après 26 ans de prison. Il redevient président de l'ANC, devenue légale. Puis il entreprend des négociations avec Klerk pour éviter une guerre civile, mais les oppositions entre l'ANC et l'Inkhata, mouvement noir de culture zouloue, risquent de faire imploser le pays. Cependant, après des négociations difficiles pour les deux camps, Mandela et De Klerk signent en septembre 1992 un accord, créant une assemblée constitutionnelle devant rédiger une nouvelle constitution et servir de gouvernement de transition. Les premières élections libres d'Afrique du Sud ont lieu le 27 avril 1994. Le "one man, one vote" de l'ANC l'a emporté. L'ANC gagne les élections en remportant 62 % des voix. Mandela devient le premier président de la république sud africaine post-apartheid. Le 2 mai, célébrant la victoire de l'ANC en présence de Coretta Scott King, la veuve de Martin Luther King, Nelson Mandela repris les mots du célèbre leader noir américain : "free at last, free at last..."

Mandela fut président de l'Afrique du Sud de 1994 à 1999. Il s'est retiré de la vie politique. Il est certainement le plus grand homme d'Etat africain du 20è siècle, en tout cas l'africain le plus respecté et admiré du monde.
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# Posté le dimanche 19 mars 2006 09:00

Modifié le lundi 09 juillet 2007 23:42